Qu’a apporté 2025 aux animaux dans l’UE ?
N’oublions pas que l’Europe est confrontée à une crise du bien-être animal. L’UE se targue d’appliquer les normes de bien-être animal les plus élevées au monde, mais la réalité sur le terrain reste troublante. Chaque année dans l’UE, plus de 2 milliards d’animaux sont élevés dans des fermes sans protection adéquate, environ 8,4 millions sont utilisés dans des procédures scientifiques, environ 7,7 millions sont confinés dans des élevages d’animaux à fourrure et des millions d’animaux exotiques sont commercialisés. Ces chiffres sont éloquents : l’écart entre l’ambition et la réalité est vaste. Nous devrions néanmoins prendre un moment pour réfléchir aux réalisations de cette année et aux opportunités pour l’année à venir.
Une réalisation historique : la législation européenne pour les chiens et les chats
Le grand succès de 2025 a été l’adoption de la toute première législation de l’UE sur la protection des chiens et des chats. Pour la première fois, nous verrons une identification et un enregistrement obligatoires, des règles beaucoup plus strictes pour les éleveurs et les vendeurs, ainsi qu’une interdiction des pratiques d’élevage extrêmes.
Il est important de noter que ce règlement consacre le concept de bien-être positif, basé sur les cinq domaines, et établit des exigences d’importation pour les chats et les chiens introduits dans l’UE.
Mettre fin à l’ère des cages
L’élan en faveur de l’interdiction tant attendue des cages pour les animaux de ferme a continué de se renforcer. Après que la précédente Commission européenne n’a pas tenu ses engagements, elle a relancé le processus par le biais d’une consultation publique. L’engagement a considérablement augmenté : plus de 200 000 réponses ont été soumises à la consultation, contre environ 60 000 en 2023. Ce mandat public écrasant ne peut être ignoré.
Il est toutefois préoccupant de constater que la législation révisée sur les animaux d’élevage n’a pas été incluse dans le programme de travail 2026 de la Commission. L’assurance du commissaire selon laquelle la proposition est toujours attendue d’ici la fin 2026 donne de l’espoir, mais nous devons rester vigilants.
Progrès sur les animaux en science
En ce qui concerne les animaux dans la science, la Commission continue de faire progresser sa toute première feuille de route visant à éliminer progressivement l’utilisation d’animaux dans les tests chimiques, prévue pour l’année prochaine. Il existe toujours un fort soutien politique et scientifique en faveur de cette transition, et son adoption serait véritablement révolutionnaire.
En outre, la nouvelle action dans le domaine de la recherche devrait permettre aux États membres d’accélérer la transition vers des méthodes sans expérimentation animale dans les années à venir.
Animaux sauvages : élan vers une liste positive de l’UE
En ce qui concerne les animaux sauvages, le Parlement européen a exprimé à deux reprises cette année son soutien à une liste positive à l’échelle de l’UE, le seul outil efficace pour freiner le commerce sans scrupules de millions d’animaux exotiques. Alors que la Commission finalise son étude de faisabilité, nous espérons que les appels répétés de la société civile, du Parlement et du Conseil seront entendus et qu’une liste positive sera enfin introduite dans l’année à venir.
Transports vivants
Les négociations sur le nouveau règlement des transports restent extrêmement difficiles et progressent à la vitesse d’un escargot, sur fond de tragédies déchirantes et continues à nos portes. Il apparaît de plus en plus clairement que de nombreuses positions politiques sont en décalage avec les attentes des citoyens et avec les dernières preuves scientifiques. En 2026, nous continuerons de démontrer ce que les citoyens de l’UE réclament massivement et exhorter les décideurs répondre à ces appels en mettant enfin un terme au transport cruel d’animaux.
Une Europe sans fourrure
En 2026, la Commission devrait apporter sa réponse tant attendue à l’initiative citoyenne européenne très réussie. Une Europe sans fourrure. Un 2025 rapport a confirmé une fois de plus que l’industrie de la fourrure est en déclin brutal et irréversible, avec une valeur économique désormais comparable à celle des marchés traditionnels obsolètes tels que la location de VHS. À la lumière du soutien massif du public, des graves préoccupations éthiques, environnementales et de santé publique et de la viabilité en déclin du secteur, il n’existe aucune justification crédible pour que la Commission ne propose pas une interdiction totale de la production et des importations de fourrure. En 2025, encore un autre grand pays producteur de fourrure a décidé d’éliminer complètement l’élevage d’animaux à fourrure, soulignant encore davantage l’abandon mondial de cette industrie.
Malgré cela, nous entendons de plus en plus d’indications troublantes selon lesquelles la Commission pourrait envisager une approche dite de « plus grand bien-être » – une option qui ne parviendrait pas à résoudre les problèmes de bien-être inhérents et insolubles de l’élevage d’animaux à fourrure. En 2026, nous continuerons de plaider avec force en faveur de la seule solution significative et fondée sur des preuves : une interdiction pure et simple à l’échelle de l’UE.
Un moment décisif à venir
Le changement de politique est le seul moyen d’apporter des améliorations réelles et durables à la situation des animaux. Et oui, les progrès prennent du temps. Ça a pris 20 ans pour obtenir une législation pour les chiens et les chats. Mais 2026 sera une année décisive pour des millions d’animaux de l’UE et un moment déterminant pour le commissaire chargé du bien-être animal.
Faisons en sorte que l’élan créé en 2025 se traduise en action concrète en 2026.
