L’accord UE-Mercosur aura des conséquences dévastatrices sur les animaux

L’accord UE-Mercosur aura des conséquences dévastatrices sur les animaux

L’accord, qui doit être signé au Paraguay la semaine prochaine, ouvre la voie à une augmentation des importations de viande de vache et de poulet en provenance des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), où les animaux sont souvent élevés dans des conditions d’élevage cruelles (parcs d’engraissement, élevages de poulets surpeuplés).

Même si la Commission européenne a proposé des mesures de sauvegarde en réponse aux préoccupations soulevées par les agriculteurs et la société civile, ces instruments ne suffisent pas à résoudre la question fondamentale au cœur de l’accord UE-Mercosur : l’importation systématique de produits d’origine animale produits dans des conditions contraires aux normes de l’UE en matière de bien-être animal.

L’accord ne parvient pas à subordonner les préférences tarifaires au respect des normes de bien-être animal, malgré appels répétés des citoyens de l’UE. La seule condition explicite en matière de bien-être animal concerne les œufs en coquille – un produit dont les volumes commerciaux sont négligeables en provenance des pays du Mercosur – laissant la porte grande ouverte à un nivellement par le bas des pratiques de production.

Les animaux sauvages et leurs habitats souffriront également de l’accord commercial UE-Mercosur. En développant le commerce de la viande de vache, du cuir et du soja destinés à l’alimentation animale, l’accord devrait alimenter davantage la déforestation et la destruction de l’habitat dans des régions riches en biodiversité telles que le Cerrado, le Gran Chaco et le Pantanal. Ce exerce une pression sur des espèces déjà menacées et il est peu probable qu’il soit corrigé par les règles européennes affaiblies en matière de déforestation.

Cet accord envoie un signal contradictoire aux agriculteurs de l’UE, qui sont invités à se conformer à des normes plus strictes en matière de bien-être animal et d’environnement, tout en devant concurrencer des importations moins chères produites selon des exigences moindres. Ce déséquilibre menace à la fois la viabilité des exploitations agricoles et la confiance du public dans les systèmes alimentaires de l’UE.

L’Eurogroupe pour les animaux réitère que la ratification de l’accord UE-Mercosur ne devrait pas avancer tant que l’UE n’aura pas adopté une législation modernisée et ambitieuse en matière de bien-être animal, garantissant que tous les produits d’origine animale mis sur le marché de l’UE répondent à des normes de bien-être animal équivalentes à celles appliquées dans l’UE.

Tous les regards sont désormais tournés vers le Parlement européen pour s’opposer à la ratification de l’accord.

A lire également