Quel est l’impact des futurs accords commerciaux de l’UE sur les animaux ?

Quel est l’impact des futurs accords commerciaux de l’UE sur les animaux ?

Le rapport, visant à évaluer l'impact économique de 10 accords de libre-échange (ALE) qui ne sont pas encore mis en œuvre, soit parce qu'ils sont encore en négociation, soit parce qu'ils sont en attente de ratification. Le rapport révèle une tendance notable : les importations de produits à faible niveau de bien-être en provenance des principaux pays partenaires devraient augmenter de manière significative, en particulier lorsqu'il s'agit de bœuf et de volaille. Ces résultats surviennent au milieu des protestations des agriculteurs en Europe, soulignant les inquiétudes concernant les importations soumises à des normes inférieures, notamment en provenance du Mercosur.

Selon le rapport, la mise en œuvre des 10 ALE augmenterait la valeur des importations de bœuf de l'UE de plus de 20 %, ce qui correspondrait à 81 000 à 91 000 tonnes supplémentaires. L'essentiel de cette augmentation proviendrait des échanges commerciaux avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), l'Australie et la Nouvelle-Zélande.. Un scénario similaire est décrit pour la volaille, où les importations augmenteraient de plus de 209 000 tonnes, provenant principalement du Mercosur et de la Thaïlande. Les importations de viande ovine augmenteraient également de 4 000 à 6 000 tonnes, principalement d'Australie.

La plupart des pays étudiés dans le rapport sont grands producteurs agricoles où l’agriculture intensive se développe, en partie grâce aux possibilités croissantes d’exportation. Cette tendance signifie que le commerce inconditionnel alimente encore davantage la souffrance animale, qui est également liée à d’importants problèmes de santé publique comme les zoonoses et la résistance aux antimicrobiens. La production animale intensive alimente également la déforestation, affectant le bien-être de millions d’animaux sauvages risquant de perdre leur habitat. Pour relever ces défis, l’UE devrait restreindre l’octroi d’une libéralisation accrue du marché aux produits qui respectent des normes élevées en matière de bien-être animal. Cette approche, visible dans des accords comme le ALE UE-Nouvelle-Zélandepeut encourager les partenaires commerciaux à adopter des normes plus strictes en matière de bien-être animal et à contribuer à la réalisation du programme de durabilité.

Le rapport confirme également la vulnérabilité de certains secteurs agricoles, en accordant de l'importance aux limites de volume accordées dans les ALE aux produits d'origine animale afin de «prévenir d’éventuels impacts économiques et sociaux négatifs». Nous nous félicitons de cette conclusion et nous appelons la Commission européenne à limiter le volume accordé dans les ALE, notamment pour la viande bovine et de pouletcomme moyen de limiter l’impact potentiel sur le bien-être animal.

Toutefois, la difficulté de négocier des conditions ambitieuses avec les partenaires commerciaux souligne la nécessité pour l'UE d'appliquer ses normes en matière de bien-être animal aux produits importés. Il est essentiel de saisir l'opportunité unique offerte par la révision de la législation européenne sur le bien-être animal pour proposer l'inclusion de tous les produits d'origine animale mis sur le marché de l'UE, quelle que soit leur origine. Parallèlement, l’intégration d’exigences en matière de bien-être animal dans les accords commerciaux représente une approche constructive pour promouvoir des normes de bien-être à travers la politique commerciale de l’UE et aider les partenaires tiers à se préparer à l’introduction de telles normes.

L'Eurogroup for Animals appelle la Commission européenne à regarder au-delà des seuls impacts économiques des ALE, et à évaluer également leur impact sur la stratégie européenne de la ferme à la table.

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